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MoneyWeek décrypte et commente pour vous l'actualité économique et financière de façon claire et amusante. Des conseils pour vos investissements et des avis d'experts sur les marchés actions, les matières premières, les devises, l'or, le pétrole...
 
  Fri, 05 Dec 2008 15:55:49 +0100

La Géorgie n'a pas fait le poids. En quelques jours, son armée a été balayée par les Russes. Cette opération, somme toute modeste, a été vécue avec fierté par le peuple russe. Poutine et Medvedev ont vu leur cote de popularité, déjà élevée, bondir. Et la Géorgie et l'Ukraine ont, la mort dans l'âme, renoncé pour l'instant à se rapprocher de l'Otan.

Comme souvent, les démonstrations de force ont aussi pour but de faire oublier des faiblesses. Les armes s'étaient à peine tues que les patrons russes poussaient un cri d'alarme. La conséquence immédiate des succès militaires a été de faire fuir les capitaux étrangers – 16,4 Mds$ ont quitté le pays en huit jours.

Or les entreprises russes ont besoin de ces capitaux pour financer les investissements d'un pays dont le retard est loin d'être rattrapé. C'est particulièrement vrai dans le domaine des hydrocarbures où les taxes à l'exportation laminent les capacités d'autofinancement.

Plus alarmant encore, ce désinvestissement massif d'un pays devenu à haut risque géopolitique a frappé les entreprises oligarchiques.

Le clan Poutine qui les dirige se retrouve affaibli. Sans cette puissance financière, leur pouvoir pourrait vaciller. Malgré sa popularité, Poutine lui-même est très dépendant des oligarques et des forces obscures souvent issues du FSB (ex-KGB) sur lesquels il s'appuie, et qui se sont enrichis en jouant sur les ressources naturelles, sur la Bourse et la bulle du crédit. Leur chute est sévère et rapide. Selon Bloomberg, les vingt-cinq oligarques les plus riches auraient perdu en tout 230 Mds$ dans la débâcle boursière.

La crise financière internationale a frappé la Russie de plein fouet. La Bourse de Moscou, fortement pondérée en valeurs liées aux matières premières, s'est effondrée. Il a même fallu fermer les marchés plusieurs jours pour éviter une panique absolue. L'indice RTS a perdu 70% depuis son plus haut de l'année. Un malheur n'arrivant jamais seul, le pétrole, qui alimentait grassement les caisses, a vu son cours chuter de 50%.

Les revers s'accumulent
La Chine a refusé de reconnaître l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. Même chose pour la Biélorussie qui cherche à se rapprocher de l'Union européenne. Le "groupe de Shanghai", supposé faire le pendant à l'Otan, vole en éclats. Malgré le succès en Géorgie, les ressources énergétiques de la Caspienne ne sont pas sous contrôle.

En position de force jusqu'à maintenant sur l'approvisionnement de l'Union européenne en gaz, la Russie voit cette position menacée par les grandes manoeuvres pour aller chercher le gaz en Asie centrale et assurer son acheminement hors de la Russie. En cas de succès, un moyen de pression disparaîtrait pour les maîtres du Kremlin.

L'armée elle-même, triomphante il y a deux mois, manque de moyens modernes, et son état moral et matériel reste précaire.

Pour autant, la Russie a un confortable matelas de réserves de change, issu de la manne pétrolière et gazière. La preuve en est cette surprenante offre de renflouement de l'Etat islandais avec 5 Mds$. Les joueurs d'échecs moscovites pensent que le moment est venu de placer leurs pions en achetant à bas prix des actifs occidentaux, et de se faire admettre comme un puissant acteur économique mondial, décorrélé des seules matières premières.

De son côté, l'Occident craint que les Russes n'utilisent ces liquidités, au-delà du but économique, comme une arme politique agressive.

Mais cette interdépendance économique qui s'installerait serait positive : les élites russes comme leurs entreprises auraient trop à perdre d'une détérioration géopolitique. Sinon, sur fond de crise économique, un régime autoritaire comme celui de Moscou peut être tenté par d'autres coups de force qui pourraient être plus graves.

Première parution : 30/10/08

Hier, la BCE a baissé ses taux. Certes la baisse est significative, mais la nouvelle était attendue. Tout comme le plan de relance de Nicolas Sarkozy, sur lequel les spéculations allaient bon train depuis quelques jours.

Hier, cela n'est pas coutume, j'ai rencontré un entrepreneur heureux. Georges Liberman a créé son entreprise, Xiring, il y a dix ans. Elle a survécu à la crise des nouvelles technologies. Alors, aujourd'hui, Georges Liberman aborde l'avenir de façon sereine, avec une volonté toujours intacte de faire grandir Xiring.

Xiring, ce nom ne vous dit sans doute rien. Pourtant, vous avez sans doute déjà tous eu recours à ses services. Lorsque vous consultez vos comptes bancaires sur Internet. Lorsque vous réalisez une transaction en ligne. Lorsque vous rentrez votre carte vitale dans un terminal. Autant d'opérations au cours desquelles vous avez pu avoir recours à la technologie ou au matériel Xiring.

Si le président de cette société a l'esprit libre, c'est que son entreprise n'est pas inquiétée par la crise du crédit, le fameux credit crunch. Elle n'a aucune dette, aucun emprunt, et dispose même de sept millions d'euros de liquidités. Un argent qui sert à déployer les activités de Xiring dans le monde. L'international est en effet une composante essentielle de l'entreprise, qui y réalise 48% de son chiffre d'affaires. Il faut dire aussi que la France est singulièrement en retard en matière de sécurité sur le web.

Une constatation étonnante lorsque l'on sait que la France est la Silicon Valley de la carte à puce. Cette innovation est essentielle en matière de sécurité bancaire. La plupart des pays se tournent désormais vers la puce pour équiper leurs cartes bancaires, car elles sont bien plus sécurisées que les simples pistes que l'on trouve, par exemple, sur les cartes américaines.

Nous sommes donc très bien équipés en cartes à puce. Lorsque nous effectuons un paiement dans un magasin, cette puce nous protège. Pourquoi, dès lors, accepter de mettre nos comptes bancaires en danger sur Internet, alors même qu'il existe une technologie pour nous protéger ?

L'Angleterre, la Belgique, la Suisse, l'Italie... autant de pays qui ont compris ces enjeux et se sont équipés des lecteurs d'authentifications de Xiring. Des petits boîtiers dans lesquels on glisse sa carte bancaire, puis sur lesquels tape son code secret, et qui nous délivre ensuite un code, à chaque fois différent, à utiliser lors des paiements en ligne.

Une véritable innovation, qui permet à Xiring d'être numéro 1 sur ce secteur. Certes, les clients principaux de Xiring sont les banques. Pourtant cela n'inquiète pas son président. Les banques seront forcées de franchir ce pas vers plus de sécurité. La crise pourrait simplement allonger les délais. Aujourd'hui, l'objectif de Xiring est de rester dans le top 3 des entreprises mondiales dans le domaine. "Ce secteur est tellement vaste que nous n'avons même pas pour obligation de rester numéro 1", commente George Liberman.

Une assurance qu'aimeraient pouvoir afficher le reste des entrepreneurs français, dont nombre d'entre eux voient au contraire leur activité menacée par la crise.

Ce que nous a concocté le Président
Nicolas Sarkozy a décidé de voler au secours des entreprises en mal de trésorerie. "Notre réponse à la crise, c'est l'investissement", a-t-il déclaré hier. Le plan PME, ce n'est pas une nouveauté, le Président l'avait lancé le 4 octobre dernier. Il y a tout juste un mois, il décidait de dédier 22 milliards d'euros au sauvetage des PME. Nicolas Sarkozy a annoncé hier le renforcer, avec une dotation de quatre milliards de prêts supplémentaires. L'instrument principal de ce plan est la banque publique des PME, Oseo. Elle croule déjà sous les demandes de prêts de la part des PME et va enfin pouvoir renflouer certaines d'entre elles grâce à ce fonds.

Autre mesure : les crédits d'impôts divers auxquels peuvent prétendre les entreprises leur seront versés plus tôt que prévu, certains d'ailleurs dès le début 2009.

Parce que la lutte contre le chômage est toujours une priorité, les TPE qui embaucheront l'année prochaine recevront des aides. Il faut savoir que ces entreprises de moins de dix salariés embauchent en moyenne trois millions de personnes par an.

Aux Etats-Unis, tout l'enjeu de la réalisation du programme de Barack Obama est de ne pas tuer HENRY avec des hausses d'impôts. HENRY (High Earning Not Rich Yet) est cette classe sociale aisée et donc visée par les taxes, mais qui est en réalité le poumon de l'économie américaine, car c'est elle la principale force créatrice d'entreprises dans le pays. En France, Nicolas Sarkozy doit faire face au même genre de défi. La sortie de la crise passera, en France comme aux Etats-Unis, par la santé des PME.

Les matières premières ont été "massacrées par la baisse la plus agressive de l'histoire de leur marché", indique l'analyste Lawrence Eagle de JPMorgan.

L'indice CRB a touché un plus bas de cinq ans. Vous avez certainement remarqué que le prix du pétrole a été divisé par trois (mais, hélas, pas celui du carburant). Le cuivre a baissé de 60% depuis son plus haut de juillet. Le platine et le palladium ont perdu 66% de leur valeur depuis mars. J'arrête ici ma litanie baissière. Les matières premières vont aussi mal que les marchés financiers. Phénomène rarissime dans l'histoire, leurs cours se retrouvent corrélés à celui des vulgaires actifs papiers. Rarissime donc, mais durable ?

Les sombres cumulus de la morosité économique
Les analyses macroéconomiques ne sont guère réconfortantes. La Chine ralentit plus que prévu : sa croissance 2009 sera finalement en-dessous de 8%, son plus mauvais score depuis 1990. Or la Chine est le plus gros consommateur de minerais de fer, d'aluminium, de zinc et de cuivre. Rien que pour ce dernier métal, sa demande a baissé de 14% sur 12 mois. Le plan de relance ne compensera que partiellement la baisse d'appétit.

L'industrie automobile est dans une ornière profonde. Les Big Three (General Motors, Ford et Chrysler) mendient un kit de survie auprès du Congrès américain. Les constructeurs européens voient également leurs ventes s'effondrer. C'est autant de demande de métaux en moins.

Nul ne se hasarde plus à prédire une date de reprise économique. Certains professionnels des métaux espèrent voir leur horizon s'éclaircir en 2010. Nos deux indicateurs avancés sont en berne. Les stocks de cuivre à Londres sont en forte hausse et sont revenus au niveau de début 2004. C'est le signe que l'activité industrielle à moyen terme ne va pas décoller. L'indice de fret maritime BDI (vrac sec et transport de métaux, de minerais et de charbon) s'est effondré, passant de 11 800 à 700. C'est un plus bas depuis 21 ans, 1987 très exactement. Cet indice est un signe de future activité industrielle. Son horizon de temps est plus éloigné que celui du cuivre, les transports en vrac se situant très en amont du cycle industriel.

Les soubresauts nerveux de la spéculation
Pour assombrir le tableau, il n'y a pas que les fondamentaux. Les fonds de couverture et les fonds de retraite ont fui les matières premières. Beaucoup y ont laissé des plumes et ne sont pas prêts d'y revenir. "Au moment du sommet de la spéculation pétrolière, les options et les contrats à terme avaient vu leur nombre se multiplier par cinq en quatre ans, dépassant de façon totalement irrationnelle la véritable demande physique", notent nos confrères anglais.

Les spéculateurs survivants ont maintenant empilé les paris baissiers, les contrats de vente à découvert, amplifiant comme d'habitude la tendance sous-jacente.

A moyen terme, les matières premières seront un marché baissier et chaotique. Faut-il pour autant le déserter ? Non bien sûr. Car la situation actuelle porte les germes du futur déséquilibre de demain. Le retour de balancier sera très violent.

Les germes du boom de demain
L'Indonésien PT Inco réduirait de 20% sa production...

Norsk Hydro envisage de fermer une usine norvégienne...

Nyrstar réduit encore sa production...

Voici un échantillon de trois annonces publiées le 3 décembre. Une journée très ordinaire. Des annonces de fermeture de mines, ou de mise en veilleuse, il y en a plusieurs par jour.

Et pendant ce temps, "le prix des déchets a tellement reculé que la collecte est en train de s'effondrer", commente La Tribune des métaux.

Il ne faut pas oublier que la croissance mondiale restera positive en 2009, grâce aux pays émergents. Lorsque l'offre se sera asséchée en raison de prix insoutenables pour les producteurs qui auront jeté l'éponge, tous les ferments de la nouvelle hausse lèveront. Le prix des matières premières repartira alors violemment à la hausse. Probablement avant les marchés actions.

Publicité éhontée : aujourd'hui, un nouveau numéro de MoneyWeek est disponible en kiosque. Le dossier central vous explique pourquoi les Etats-Unis sont plus malades que beaucoup veulent bien le dire et qu'ils ne sont pas prêts de nous tirer d'affaire en renouant avec la croissance.

Ensuite, notre confrère Philippe Béchade, spécialiste des marchés, participe à une émission sur BFM, "les grands débats de l'économie" entre 11h et 12h. Vous pourrez le réécouter sur le site de la radio.

  Fri, 05 Dec 2008 15:55:49 +0100

L'or noir a perdu plus de 50% en trois mois et demi. Le baril vaut désormais moins de 50 $. Le 11 juillet dernier, il pointait pourtant son nez à 147,50 $ et allait s'attaquer à la barre psychologique des 150 $. Pour tenter de stopper l'hémorragie, les membres de l'OPEP (l'Organisation des pays exportateurs de pétrole) se sont réunis en urgence à Vienne. Que s'est-il passé depuis la mi-juillet, pourquoi un tel retournement ?

La flambée du brut était due à des craintes sur la production de pétrole et sur la consommation. Les stocks de brut américains alimentaient les rumeurs et chaque annonce d'une baisse des stocks provoquait un mini-pic. Les pays émergents, Chine en tête, deviennent de plus en plus gourmands en matière première et en énergie. En d'autres termes, la quantité de pétrole était trop faible pour alimenter l'activité mondiale.

Mais, depuis, la crise financière s'est intensifiée et la récession frappe les grandes économies développées. Après la France, touchée officiellement par la récession au troisième trimestre, l'économie britannique vient de connaître sa première baisse de production depuis 1992.

Selon le ministre du Pétrole iranien cité par l'AFP, Gholam Hossein Nozari, "compte tenu de la baisse de 8% à 10% de la demande et l'état des stocks, je pense qu'une baisse de l'offre de 2 à 2,5 millions de barils par jour peut stabiliser le marché". L'OPEP a décidé d'abaisser sa production d'1,5 million de baril par jour (bpj) à partir du 1er novembre, pour tenter de rééquilibrer le rapport entre offre et demande.

Les pays producteurs ont été sensibles aux arguments des pays occidentaux qui leur demandaient de ne pas trop serrer le robinet. Ces derniers craignent qu'une remontée des cours du pétrole ne pénalise un peu plus nos économies développées et n'aggrave la récession. Les exportateurs de pétrole espèrent ainsi faire remonter les prix ou tout du moins en modérer la baisse.

Mais ils ne semblent plus avoir de prise sur les cours de leur principale ressource financière. Le jour de l'annonce, le baril a perdu près de 5%. À en croire les marchés, il n'y a plus de souci à se faire en ce qui concerne les réserves de pétrole.

Si les pays du Golfe font grise mine à la vue des cours de l'or noir, le reste du monde s'en félicite. Lorsque le prix du baril baisse, c'est toute l'industrie qui respire. Les coûts diminuent nettement et les prix suivent (en théorie) le même chemin. L'impact pourrait donc s'avérer très positif pour la croissance.

Un effet limité en Europe
Mais les effets visibles se font attendre. Les prix à la pompe, qui avaient grimpé en flèche, n'ont pas diminué dans la même proportion que ceux du baril. Selon les données mensuelles de l'UFIP (Union française des industries pétrolières), le prix du gazole a perdu environ 12% depuis son plus haut au mois de juin. À 1,24 euro/l, son prix est encore supérieur de 4 cent à celui de février dernier.

Comment expliquer une telle différence entre la baisse des cours et la baisse des prix à la pompe ? D'une part, les taxes sur le carburant nivellent naturellement l'effet sur les prix. Hors taxe, le gazole a perdu 20% depuis juin. D'autre part, et c'est là le plus important, la nette remontée du dollar pèse sur nos importations.

Les cours du pétrole sont libellés en dollar. La monnaie européenne achète de moins en moins de billet vert. Les 60 $ du baril valent de plus en plus d'euros. Les entreprises européennes, pas plus que les stations-service, ne peuvent répercuter la même baisse que les firmes américaines.

Après l'euro fort qui pénalisait nos exportations, on subit désormais l'effet inverse. Il était peut-être irrationnel de plaider pour une hausse du pouvoir d'achat et récriminer contre une monnaie unique forte. À l'inverse, les prix de l'essence au Canada connaissent un plus bas depuis septembre 2007 passant sous la barre des 1 $ canadien, soit environ 0,62 euro. L'Europe est très loin de retrouver de tels niveaux.

Un risque à long terme
En pensant le marché sur le long terme, on peut s'inquiéter de ce reflux du prix de l'or noir. À de tels niveaux, certains puits ne sont plus rentables. C'est le cas des gisements en eaux profondes et dans les sables bitumineux du Canada, sans compter les quelques exploitations en France. Ce désamour pour ces sources onéreuses pourrait provoquer de fortes turbulences à l'avenir. Les risques de pénurie au moment d'un redémarrage économique sont d'autant plus grands.

La baisse du cours risque également de pénaliser les investissements en recherche et développement ainsi qu'en exploration nouvelle. L'industrie pétrolière, après avoir surfé sur la vague d'un baril à plus de 100 $, est désormais lourdement pénalisée en bourse. Le fleuron tricolore, Total, a ainsi perdu près de 30% depuis trois mois à la Bourse de Paris.

  Fri, 05 Dec 2008 15:55:49 +0100

Une voiture coûte cher, à commencer par l'assurance. D'ailleurs, depuis le début des années 2000, et selon l'ONISR et son fichier des accidents, le nombre de personnes non assurées serait en constante progression en France.

Pour réduire la facture de leurs clients et tenter d'enrayer le problème, nos assureurs nationaux lancent quelques initiatives. C'est le cas de la Macif et son ID Macif. Ce contrat permet aux conducteurs de 27 à 45 ans, qui n'ont pas eu d'accident au cours des deux dernières années et qui roulent dans une voiture de moins de 12 ans d'âge et de moins de 42 000 euros, de bénéficier d'une réduction allant jusqu'à 30%. À toutes ces conditions, une autre s'y ajoute : s'inscrire sur le Net. L'idée a dû plaire aux autres assureurs, Groupama en tête, puisqu'ils suivent le mouvement.

Autrement, pour réduire sa cotisation dans l'Hexagone, il faut passer par Amaguiz.com, du moins si vous ne roulez pas beaucoup. Car Amaguiz.com, comme le promet Jean Rochefort dans les publicités, ne vous fait payer que ce pour quoi vous consommez. En bref, l'assurance propose le pay as you drive, et installe un boîtier compteur de kilomètres – gratuitement –, dans votre voiture. Chaque mois, vous payez 9,90 euros de prime d'assurance fixe et 0,01 euro du kilomètre.

Pour trouver des offres de réduction plus originales, il faut traverser la Manche. Ecoinsurance.co.uk vous proposera 10% de réduction si vous roulez dans un véhicule émettant moins de 100 g de CO2 dans l'atmosphère. Notez bien que même la Prius dépasse ce quota ! Mais la compagnie d'assurances vous donnera au moins bonne conscience, car elle promet 20% d'économies... sur votre bilan écologique ou votre empreinte carbone. Pour chaque assuré, Ecoinsurance.co.uk, investit dans la reforestation, l'énergie recyclable, etc.

Du côté des Pays-Bas, la Deltalloyd a une proposition imparable. Pour tout propriétaire d'un GPS Tom Tom ou Garmin, l'assurance propose un discount de 10%. Une idée qui lui est venue après la parution d'une étude sur l'impact des GPS sur la sécurité routière. Les résultats basés sur 115 197 conducteurs ont révélé que les automobilistes roulant sans GPS rencontraient 12% d'incidents en plus. Et les dommages de ces derniers étaient 5% plus coûteux. En proposant à ses assurés une réduction de 10%, la Deltalloyd fait d'autant plus une belle affaire qu'elle ne fournit pas le GPS, mais incite ses clients à le faire. Malin. Et si nos assureurs hexagonaux faisaient de même ?

  Fri, 05 Dec 2008 15:55:49 +0100

Les mois se suivent et... se ressemblent. Du rouge sur les marchés, dans nos portefeuilles et bientôt sur le costume du papa Noël.

Depuis le début de l'année, à Wall Street, le Dow Jones abandonne 39% et le Nasdaq 47%. En Europe, Paris chute de plus de 46% sur 11 mois et l'indice Euro Stoxx 50 de 49%. Dégringolade également pour le Nikkei : -49% depuis le 1er janvier dernier. N'en jetez plus. De toute façon, il ne reste plus grand-chose à jeter à ce rythme là.

Qu'y a-t-il dans la hotte des banquiers centraux ?
Même la Banque centrale américaine n'a plus que quelques cartouches en main pour sauver son économie, elle qui a réduit son taux à 1%. Mais vu le dérapage de l'économie, Ben Bernanke n'exclut pas de toucher à nouveau au taux directeur, "même si la politique des taux traditionnelle est limitée par le fait que les taux d'intérêt nominaux ne peuvent tomber en deçà de zéro".

A la Banque centrale européenne, la frilosité est toujours là. Pourtant, "la BCE n'a pas d'autres choix que de baisser ses taux", argumente Jérôme Revillier, dans l'Edito Matières Premières & Devises de lundi. "Et le repli de l'inflation lui permet de frapper fort. La vraie question est de savoir quelle sera l'ampleur de la baisse. Le consensus table sur un repli du taux directeur de la BCE de 50 points de base. Mais la probabilité d'une baisse plus forte, de 75 points de base, semble également très plausible." Dans l'un ou l'autre cas, il ne faut pas s'attendre à un miracle. "Quelle que soit la décision prise, elle devrait peser négativement sur l'euro", prévient Jérôme Revillier.

Les banquiers centraux ont beau se creuser la tête et appeler à des plans de relance énergiques, la sortie du tunnel est encore loin. Le patron de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a averti les marchés lundi : "la durée probable de la tourmente financière est difficile à apprécier et de ce fait les incertitudes entourant les perspectives économiques sont exceptionnellement amples. Mais même si le fonctionnement des marchés financiers continue de s'améliorer, les conditions économiques resteront sans doute faibles pendant un moment". En clair, c'est grave et nous ne sommes pas sortis d'affaire.

Les Etats-Unis sont en récession depuis 12 mois déjà. Eh oui, malgré un bilan plutôt positif au premier semestre, l'économie américaine a trébuché dès décembre 2007, selon le Bureau national de la recherche économique (NBER).

Il n'en fallait pas plus lundi, premier jour de décembre, pour précipiter à nouveau les marchés dans le rouge. Les places américaines ont respectivement perdu 7,70% pour le Dow Jones et 8,95% pour le Nasdaq.

Des cadeaux et des lingots
Ne croyez pas que la ruée dans les magasins américains vendredi dernier, lors du Black Friday, soit le signe d'une reprise outre-Atlantique. Bien au contraire, les consommateurs américains étranglés par la récession se sont uniquement jetés sur les rabais qui ont atteint 70%. Bilan : 372 $ dépensés en moyenne par tête de pipe, soit une hausse de 7,2% par rapport à 2007, et un employé mort piétiné dans les allées d'un Wal-Mart.

"Selon la National Retail Federation, association professionnelle des détaillants, l'Américain moyen consacrera cette année 816,69 $ à ses achats de fêtes de fin d'année, soit seulement 1,9% de plus qu'en 2007. Il s'agit de la plus maigre progression depuis 2002", rapporte Le Figaro.

Chez nous, le budget Noël subira lui aussi un tour de vis : -5% à 527 $, selon le cabinet Deloitte. Dont 291 $ pour les cadeaux (-6,7%) et 159 $ pour la ripaille (-2%). Selon le baromètre du vendeur de joujoux La Grande Récré, c'est plutôt 221 $ qui seront consacrés aux cadeaux par foyer.

Cette année, le cadeau sera utile, prédit Deloitte dans son étude. Alors pourquoi ne pas s'offrir un petit baril ? En ce moment, le pétrole est bradé. Les cours sont tombés à des niveaux jamais atteints depuis 2005, autour des 46-47 $. Un niveau insoutenable pour le cartel pétrolier de l'OPEP qui ne peut que constater son impuissance à influencer sur les prix.

Ou bien un lingot, très pratique en presse-papiers ou pour caler des ouvrages dans une bibliothèque. A 772 $, l'or aussi est soldé. "Depuis le début du XXIe siècle, le métal précieux est entré dans une phase prodigieuse, s'appréciant en une décennie à peine de près de 280% de sa valeur", analyse Marc Dagher dans Le Billet du Trader. L'or devrait tirer son épingle du jeu, prévient-il : il y a encore 100 à 150% à prendre sur l'once d'or.

Les Français veulent de l'argent à Noël. Offrez-vous de l'or. C'est sans doute un des meilleurs moyens pour se refaire une peau.

Inflation, déflation, quelles que soient les circonstances, le secteur de l'alimentaire fait grise mine. Petit coup d'oeil sur les géants du secteur.

Les distributeurs étranglés
Avec la chute du pouvoir d'achat, nous n'avons pas hésité à couper toutes les dépenses possibles. La nourriture n'a pas fait exception. Résultat, les distributeurs ont du mal à garder la tête hors de l'eau, et le paient en Bourse.

Carrefour a ainsi vu son cours s'effondrer de 46% depuis le début de l'année et a perdu près de 37% en cinq ans. Autre Français, Casino a chuté de plus de 37% depuis janvier, et totalise une baisse de 40% sur cinq ans. Même le champion du secteur, le Britannique Tesco, n'est pas à la fête. La chaîne de supermarchés a pourtant réalisé une hausse de plus de 16% à la bourse en cinq ans – nettement mieux que ses concurrents français donc, mais a perdu 39% depuis le 1er janvier dernier.

Le cours de Tesco se porte tout de même mieux que celui de ses concurrents anglais Sainsbury (-34% depuis le 1er janvier, et -6% en cinq ans) et Morrison, mais le distributeur commence à sentir le vent de la crise. D'après les analystes, son cours pourrait encore chuter de 20%. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui le recommandent à la vente, comme Clive Black, de Shore Capital, et Tom Gadsby de la Société Générale.

Le modèle de Tesco, qui avait jusqu'ici fait son succès, est désormais à la peine. Le distributeur a en effet misé sur une stratégie d'expansion géographique, mais voit ses ventes ralentir dans les pays qui avaient pourtant contribué à son succès. Ainsi, il traverse une période difficile en Hongrie, en Pologne et en Corée du Sud. A tel point que Tesco a affirmé à Shore Capital qu'il prévoyait une croissance de ses ventes de seulement 2%, contre 3 à 4% prévus initialement.

Relativisons tout de même, Tesco reste l'un des acteurs du secteur en meilleure santé. Surtout comparé à l'indice distribution-alimentation de la Zone euro. Il a fait -43% depuis le début de l'année et -33% sur cinq ans.

De l'air !
Afin de regagner une certaine marge de manoeuvre et de respirer à nouveau, les distributeurs cherchent à reporter la pression qu'ils subissent sur d'autres, c'est-à-dire sur leurs fournisseurs.

Tesco a ainsi récemment tenté de faire passer les délais de paiement à ses fournisseurs de 30 à 60 jours. "Plus grande sera la détresse dans le domaine de la distribution, plus nous assisterons à ce genre de choses", note David Stoddart, analyste chez Altium Securities. Quand ils ne parviennent pas à négocier de délais auprès des fournisseurs, les distributeurs tentent d'obtenir des rabais de leur part. Leur objectif est double. Ils cherchent à faire baisser les prix afin d'être ensuite eux-mêmes en mesure d'offrir des promotions à la période de Noël. Ils espèrent aussi disposer de plus de fonds afin d'éviter d'emprunter aux banques, voire même pour certains de parvenir à les rembourser.

Au début de l'année, les producteurs avaient augmenté leurs prix, à la suite de la hausse des cours des matières premières. Maintenant que ces derniers sont redevenus plus raisonnables, les fournisseurs subissent une pression accrue de la part des distributeurs afin de réajuster à la baisse leurs étiquettes. Une situation qui peut donner lieu à des blocages, comme cela a récemment été le cas en France, alors que les agriculteurs ont déclaré être pris à la gorge.

Le débat ne fait de toute façon que commencer : face à des consommateurs en demande d'une baisse des prix, fournisseurs et distributeurs se rejettent la responsabilité et s'accusent mutuellement d'en profiter pour augmenter leurs marges.

Quelle que soit la part de responsabilités, la situation s'annonce difficile pour les fournisseurs.

En Angleterre, le magazine anglais Investors Chronicle cite plusieurs fournisseurs alimentaires à éviter : Uniq, qui a déjà annoncé un avertissement sur résultats, Robert Wiseman, qui affirme avoir besoin d'augmenter le prix de son lait pour faire face à l'inflation, Tate & Lyle, lourdement endetté, ou encore Premier Foods, Finsbury Food et Zetar. Une liste suffisamment longue pour comprendre qu'il faut se tenir à l'écart du secteur pour l'instant.

En France, si vous possédez des actions d'entreprises alimentaires, comme Entremont, Duc, LDC, Brossard, Bonduel… surveillez-les de près.

  Fri, 05 Dec 2008 15:55:49 +0100

Le pouvoir d'achat n'est plus la première préoccupation des Français. Le sondage TNS Sofres/La Croix le révèle : en octobre, le chômage lui est passé devant pour 33% des Français, toutes catégories socioprofessionnelles, régions ou âges confondus. Une crainte qui malheureusement n'est pas sans fondements.

Des chiffres alarmants
Ainsi, le directeur général du Bureau international du travail a donné la mesure du problème le 20 octobre : "D'ici la fin 2009, le monde devrait compter 210 millions de chômeurs ou plus, en fonction de l'impact de la crise financière." C'est 20 millions de plus qu'en 2007. Entre-temps, la crise financière est passée par là. Elle est à l'origine "d'une crise sociale qui s'annonce longue et sévère", selon Juan Somavia.

Les derniers chiffres de l'Unédic confirment que l'Hexagone ne passera pas à côté du fléau. Fin 2008, 46 000 personnes viendront grossir les rangs des chômeurs. Et contrairement à ce qu'espérait l'assurance chômage, la décrue ne sera pas pour la fin de l'année mais pour... 2011. Pour l'OCDE, le taux de chômage en France pourrait s'élever à 7,6% en 2009, contre 6% dans la zone euro.

Des PME fragiles
Le pessimisme s'explique. Avec un pouvoir d'achat en berne, les Français limitent leurs dépenses. Les résultats des entreprises en subissent les conséquences. Pour faire face à leurs charges, à leurs investissements, elles ont besoin de crédits.

Mais les banques au bord de la faillite jouent les abonnés absents. Selon une enquête de la chambre de commerce et d'industrie de Paris, 20% des petites et moyennes entreprises avouaient ressentir le durcissement des conditions de crédits. Un problème qui risque de faire vaciller ces entrepreneurs, qui trop souvent jouent le rôle de banquiers pour les plus grandes entreprises, à en croire le Comité Richelieu. "Vu la longueur des délais de paiement, les PME supportent la trésorerie des autres", évoque cette association française de PME innovantes.

En France, on recense 1,3 million d'entreprises de moins de 10 salariés, 236 000 emploient de 10 à 50 salariés. En février 2008, le ministère de l'Economie et l'Oseo estimaient que 55% de la population active travaillaient dans les PME. Ces dernières ont été à l'origine de 2,3 millions de nouveaux emplois sur un total de 2,8 millions, au cours des vingt dernières années.

Alors si les PME s'écroulent, la menace du chômage devient plus aiguë. Mais se sachant fragiles, les patrons se refusent à embaucher. En région parisienne, selon la CCI, ils ne sont que 18% à envisager un recrutement dans les six prochains mois. C'est 6% de moins que l'an passé.

Pas de croissance. Pas d'embauches
Le feront-ils ? Le ralentissement économique est bien réel. Croire en 1% de croissance dans l'Hexagone, c'est être optimiste aux dires même de bien des membres du gouvernement. Pour le FMI, un simple 0,2% est plus plausible. De quoi faire hésiter les employeurs à investir sur l'avenir.

D'autant qu'ils peuvent en cas de sursaut d'activité faire appel à l'intérim – aujourd'hui en chute libre – ou mieux aux heures supplémentaires défiscalisées. Selon Eric Heyer, de l'Observatoire français des conjonctures économiques, cité dans L'Expansion, "en période de ralentissement économique, on constate normalement une diminution des heures supplémentaires. Là au contraire, on constate une progression, alors même que le volume d'heures travaillées diminue." Ainsi, la mesure gouvernementale destinée à augmenter le pouvoir d'achat des Français amplifie la montée du chômage.

L'efficacité des mesures en question
Reste qu'en pleine tourmente, le gouvernement n'a pas souhaité rester les bras croisés à attendre la chute des PME. Un plan de 22 Mds€ a été annoncé. Ce montant sera mis à disposition des banques pour qu'elles renforcent leurs crédits aux entreprises. Des sommes qui seront "sous haute surveillance", promet Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé entre autres des PME.

Parallèlement, au niveau européen, la banque européenne d'investissement va mettre à disposition 30 Mds€, dont 3 à 4 sont destinés à la France pour aider les PME. Les représentants des PME préféreraient que les organismes d'Etat diffèrent d'un ou deux mois la collecte de leurs impôts, comme l'a décidé l'Unédic. Une mesure qui pourrait coûter 12 M€ à l'assurance chômage. Si la Sécurité sociale devait faire de même, la facture s'élèverait à 10 Mds€ selon Eric Woerth, ministre du Budget. Ce n'est pas à l'ordre du jour.

Pour distiller son aide, l'Etat fait confiance aux banques. Auront-elles à coeur de réparer leurs erreurs ? En attendant, le chômage grimpe.

Première parution : 23/10/08

  Fri, 05 Dec 2008 15:55:49 +0100

Etre châtelain n'est pas une sinécure. Posséder son manoir ou arpenter des salons anciens est tentant. Avant de vous lancer dans l'achat d'un monument classé ou inscrit aux monuments historiques, méfiez-vous. Ne vous laissez pas abuser par ce que certains appellent des avantages fiscaux. Il ne s'agit que de compensations des devoirs qui vont de pair avec la possession d'un tel bien.

Car il n'est pas question de laisser péricliter votre bâtiment, ce qui est coûteux. Avant, les terres des châteaux procuraient les revenus nécessaires à leur entretien. Aujourd'hui, faute de terres, il faut avoir des revenus suffisants pour assurer les travaux. D'autant plus qu'ils sont soumis au contrôle de l'Etat. Sachez que vous vous embarquez dans des études coûteuses et des travaux sous surveillance d'un architecte en chef des monuments historiques. Etre propriétaire d'un bâtiment classé demande de l'argent, mais aussi beaucoup de patience.

Des subventions en baisse
Vous bénéficierez tout de même de coups de pouce. Tout d'abord, au travers de subventions publiques. Problème : elles ne cessent de diminuer. D'après La Demeure Historique, l'association des monuments historiques privés, les subventions versées par l'Etat ont chuté de 60% sur trois ans. En échange des frais que représente l'entretien d'un monument historique, vous pourrez également bénéficier de compensations fiscales.

Concrètement, il s'agit d'une déduction de votre impôt sur le revenu – après versement des subventions – du solde des travaux. Attention, pour bénéficier d'une réduction à 100%, il faut remplir certaines conditions. Il faut soit avoir touché des aides publiques, soit être ouvert au public, selon un quota de jours imposé. Si ces conditions ne sont pas remplies, le taux de déduction fiscale n'est plus que de 50%.

Ces mesures pourraient cependant changer avec la nouvelle loi sur les Finances 2009. Il deviendra plus compliqué de bénéficier de 100% de déduction. Il faudra en effet obligatoirement être ouvert au public entre quarante et cinquante jours par an. "Etre ouvert au public est extrêmement contraignant. Il faut engager du personnel ou être disponible soi-même, réaliser certains travaux, comme un parking, entretenir les jardins, renoncer à vivre dans les plus belles pièces de votre propriété car elles sont visitées...", alerte Bertrand Le Nail, du cabinet Le Nail spécialisé dans la vente de monuments historiques.

Droits de succession : report et non exonération
Certains invoquent alors l'exonération de droits de succession comme argument d'achat. Méfiance, il ne s'agit pas d'une exonération mais d'un report, accompagné de l'obligation d'être ouvert aux visites. Si l'héritier décide de vendre, il paiera alors ces fameux droits, basés sur la valeur actuelle du bien, plus des charges pour le report. Un cadeau empoisonné. "Un monument historique s'achète et se vend facilement. Il ne faut pas le considérer comme une niche fiscale, ni un patrimoine à transmettre nécessairement à ses enfants. C'est de plus en plus une aventure de passionnés, qui acceptent des sacrifices contre le bonheur d'avoir une très belle maison et de participer à la sauvegarde de notre patrimoine", conclut Bertrand Le Nail.

Quand on aime, on ne compte pas.

  Fri, 05 Dec 2008 15:55:49 +0100

Si les membres de l'OPEP étaient à Vienne ce week-end, ce n'était pas pour danser une valse. Pourtant, la "réunionite" du cartel pétrolier est aussi répétitive qu'une valse à trois temps.

De cette derrière réunion, on connaissait déjà la musique. L'OPEP, qui contrôle environ 40% de la production mondiale, fait des cauchemars depuis que le prix du baril a chuté autour des 50 $ et que ses principaux clients sont à la diète forcée. Les rentrées de pétrodollars ont fondu et l'organisation menace de fermer ses robinets en espérant que les prix remontent.

Menaces sans grands effets. En octobre, le cartel a réduit sa production de 1,5 million de barils par jour (mbj pour les intimes) sans que les prix repartent à la hausse. La production totale de pétrole dans le monde était de 86,5 mbj au troisième trimestre 2008, selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE). La réduction de l'OPEP correspond à moins de 2% de ce total. L'organisation peut bien menacer, force est de constater qu'aujourd'hui son influence s'est réduite à peau de chagrin.

Si l'OPEP seule serre un peu plus ses robinets, les prix ne reviendront pas pour autant sur le chemin de la hausse.

Spéculation et récession, le couple infernal
Durant toute la première moitié de l'année, les prix du brut se sont envolés, jusqu'à flirter avec les 150 $ le baril. L'OPEP n'y était pas pour grand-chose. Le pétrole faisait alors figure de valeur refuge. Les spéculateurs s'étaient entichés du baril, qui les protégeait contre la chute du dollar. L'or noir était devenu, comme l'or jaune, un antidollar. Même aujourd'hui, il est difficile de faire la part des choses entre l'ampleur de la spéculation et la flambée "naturelle" du pétrole dans le contexte qui était celui d'alors. La hausse appelait la hausse.

Aujourd'hui, le prix du pétrole est revenu à des niveaux étonnamment bas. Mais la dérive de l'économie mondiale, qui implique une moindre consommation, ne peut à elle seule expliquer cette glissade.

Dans l'Edito Matières Premières & Devises, de lundi dernier, notre collègue, Isabelle Mouilleseaux écrivait : " cette forte baisse du cours du baril est à mon avis exacerbée par la spéculation, qui accentue la tendance fondamentale. Quelle est sa part dans l'effondrement du baril ? Difficile à dire…" Bref, à la hausse ou à la baisse, la spéculation reste reine dans la vie des marchés pétroliers.

Malgré la spéculation, le lien entre la croissance économique et la demande en pétrole est prépondérant.

Merril Lynch, dans une note datée du 21 novembre, s'attend à une contraction de la demande globale de pétrole de 0,5% l'année prochaine, ralentissement économique oblige.

L'AIE est plus précise. Dans un joli graphique, elle met en parallèle l'évolution de la croissance mondiale et la demande de brut.

En juillet dernier, avec un PIB mondial en croissance d'à peine moins de 4%, la demande était de 88 mbj. En novembre, avec un PIB en croissance de 2,25%, la demande avait fléchi à 86,6 mbj. Et cela malgré le plongeon du prix du pétrole.

Oui, vous avez bien lu : la croissance mondiale augmente. Elle ne fait que ralentir de 4% à 2,25%. Et pourtant, la consommation de pétrole diminue. Un ralentissement de la croissance de 1,75% conduit à une diminution de consommation de 1,60%.

De ce constat, en apparence absurde, il ressort que l'économie des pays émergents, qui "font"  la croissance, est moins consommatrice de pétrole que la nôtre, qui régresse. Jusqu'à quand ? Pas longtemps, estime l'AIE.

Qui consommera le plus de pétrole demain ?
En 2007, la demande en or noir des pays hors OCDE représentait 43% de la demande totale. Cette proportion pourrait passer à 46% en 2009, si l'on en croit les prévisions de l'AIE. Si ce rythme se maintient, le rapport de force changerait en 2013, date à laquelle les pays hors OCDE seraient les plus gros consommateurs. Si ce n'est pas ce qu'on appelle du découplage économique, comment nommer ce processus ?

Dans les pays occidentaux, la récession freine la consommation de brut. Sur le Vieux Continent, la demande a baissé de 57 000 bj (barils par jour) cette année et devrait chuter de 205 000 bj par jour l'an prochain. Aux Etats-Unis, c'est -1,1 mbj cette année, et -429 000 bj en 2009, chiffre l'AIE.

Malgré ce coup de frein, la demande mondiale totale sera très légèrement plus forte en 2009 (86,5 mbj) qu'en 2008 (86,2 mbj).

Qui va tirer cette demande ? D'abord la Chine. Elle absorbe aujourd'hui plus de 9% de la production. Certes, l'empire du Milieu n'échappe pas à la crise, mais la croissance chinoise devrait rester au dessus de 8% cette année et en 2009. Pékin a sorti les grands moyens avec son new deal de 460 milliards d'euros. La Chine a consommé 7,5 mbj en 2007, selon l'AIE, et sa demande devrait continuer de croître de 5,2% en 2008 à 7,9 mbj, et de 3,7% en 2009 à 8,2 mbj. Même si l'économie chinoise faisait moins bien que prévu, son besoin de pétrole augmenterait. Il n'y a qu'en cas de passage de sa croissance sous les 5% qu'elle réduirait sa demande, estime Merril Lynch.

Et puis, il n'y a pas que la Chine. La demande indienne a augmenté de 7% entre septembre 2007 et septembre 2008, informe l'AIE. Elle est dopée par une demande croissante en gasoil, aussi bien pour alimenter les moteurs de voitures que les générateurs d'électricité, et ce malgré des prix très élevés en Inde.

La demande russe a elle grimpé de 7,2% sur le même laps de temps. Elle devrait progresser d'environ 3% en 2008 comme en 2009, pour atteindre près de 3 mbj. Pourtant, la croissance du PIB russe devrait ralentir de 5,5 à 3,5%.

Pas de régulation par le prix
Une baisse du prix de 10% ne correspond qu'à une augmentation de la demande de 0,1 à 0,5%, calcule Merrill Lynch. Les conséquences d'une baisse des prix sur la consommation dépendent des pays et du régime de taxation des Etats.

Le prix du baril pourrait se reprendre et atteindre un peu moins de 80 $ à la fin de l'année et les 90 $ au premier trimestre 2009, d'après la banque.

Le point de retournement
Les spéculateurs parient sur le fait que la réduction de la production est en retard sur la réduction de la consommation, ce qui tire les prix à la baisse. Jusqu'à présent, ils ont raison. Avec la récente remontée du dollar, le pétrole est moins utilisé comme couverture.

En outre, la faillite de nombreux fonds de couverture, les fameux hedge funds, fait qu'il y a moins d'intervenants sur le marché pétrolier.

Mais le sursaut du dollar n'aura qu'un temps, et les pays émergents connaissent toujours une croissance. Le retournement se profile.

Ah, la France et ses trois mille crus ! Qui n'a jamais choisi une bouteille sur le seul critère de son étiquette ou de son prix ? Bouteilles chères, mauvaises surprises gustatives, changements de modes de consommation, chaque Français ne consomme plus que 55 l de vin par an, selon l'Insee. C'est presque trois fois moins qu'en 1965.

Les viticulteurs doivent aujourd'hui faire un savant assemblage entre tradition et modernité, terroirs et impératifs commerciaux.

Voici quelques ingrédients de leur renouveau. La politique d'arrachage des vignes, instaurée dans les années 1980 par Bruxelles, a été un mal nécessaire pour moderniser une filière qui produisait trop et mal. Le vignoble du Languedoc-Roussillon fournit désormais 800 000 hl de moins par an qu'il y a quatre ans.

Les exportations viticoles ont pâti de l'érosion de leur réputation et subissent le ralentissement économique. Celles de vins de table et de pays ont reculé de 3,5% au premier semestre, selon UbiFrance. Celles des AOC, de meilleure qualité, ont baissé de 1% en volume mais progressé de 18% en valeur.

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) anticipe une année 2009 "difficile". "Les bons chiffres attendus avec la Chine, l'Inde et la Russie auront du mal à compenser les pertes sur les marchés américain ou britannique, principaux débouchés des vins et spiritueux français", pronostique-t-elle.

Nos crus subissent aussi la concurrence de ceux du Nouveau Monde. D'après une étude britannique, citée dans la revue Réussir Vigne, d'ici cinquante ans, la Chine sera le premier producteur mondial et la Grande-Bretagne aura une surface de vignoble équivalente à la nôtre.

Le pichet se modernise
Pour conserver leur part de marché, les producteurs doivent comprendre leurs clients. À côté des consommateurs réguliers, fidèles à quelques vins de table mais de moins en moins nombreux, les "occasionnels" voient le vin comme une boisson plaisir, réservée aux grandes occasions. Ils dégustent un Bourgogne aligoté comme un Deen De Bortoli australien. Ils consomment moins, mais sont prêts à y mettre le prix, à condition d'avoir le bon produit et le service qui va avec. D'où le succès des cavistes, comme Nicolas ou Lavinia.

Pour autant, le vin s'achète surtout dans les hypermarchés. Même le hard discount s'y est mis : il s'y vend près d'un litre sur deux, selon une étude Onivins de 2005. Y acheter son vin n'est pas plus avantageux financièrement que dans un supermarché mais le choix y est réduit, donc plus simple.

Car l'achat de vin se veut un achat plaisir. Or, cépage, cuvée, château..., il y a de quoi perdre son latin. À l'offre de s'adapter. Certains producteurs ont eu la bonne idée de miser sur la marque. "Sud de France" regroupe ainsi les producteurs languedociens de vin de pays. Chez Nicolas, les gammes Petites Réserves ou Graines de Cépage se déclinent sur des bouteilles aux étiquettes épurées et colorées.

L'avenir des récoltants passe pour beaucoup par leur talent à nous mettre "le vin à la bouche" en multipliant les innovations marketing. Le bouchon à vis convainc de plus en plus de partisans du liège. Au Canada, le vin français se vend dans des tétra-bricks aux couleurs vives et la marque French Rabbit fait un carton. On est bien loin du "cubi" en plastique.

Autant d'adaptations indispensables à la modernisation de la filière viticole française. Chez les quelques producteurs de vins cotés en Bourse, comme Pernod Ricard ou le groupe languedocien JeanJean, ce n'est pas la grande forme. Ceux qui, comme Laroche, en revanche, ont su faire le bon mélange entre tous ces ingrédients devraient réaliser de belles vendanges.

Première parution : 30/10/2008

Le déclin initié depuis plus d'un an touche à sa fin
Depuis octobre 2007, les cours ont perdu plus de 70% de leur valeur et ce de façon vertigineuse et sans appel. Un décompte elliottistenous montre très clairement que nous sommes sur le point d'achever une phase baissière en cinq temps traditionnels (notés de 1 à 5 sur le graphique), ce qui induit un rebond proche. Rebond qui sera important, puisque proportionnel à l'intensité de la chute qui le précède.

Reprise majeure attendue
Après une légère poursuite du déclin actuel en direction du seuil psychologique des 1 000 $ par tonne, une reprise significative est en effet privilégiée, techniquement parlant.

Cours du plomb en dollars par tonne

Aussi, tant que les 825 $ ne sont pas nettement enfoncés, un rebond vers les 1 540 $ par tonne est à envisager dans un premier temps. Ce niveau correspond à la fois à la borne supérieure du canal baissier en place depuis le retournement et à la fois au plancher de juin dernier.

Au-dessus de ce niveau, la prochaine cible théorique se situe vers les 2 160 $ par tonne (retracement classique de Fibonacci de 38,2% de toute la baisse et sommet de juillet dernier).

Les derniers chiffres du chômageen France sont mauvais : + 45 000 pour octobre. Sans activités, ces chômeurs vont-ils se réfugier dans l'alcool et le tabac ?

Sobres Occidentaux
Cela arrangerait sûrement les professionnels de l'alcool et du tabac, deux secteurs en quête de nouveaux consommateurs. Dans les pays occidentaux, les interdictions de fumer dans les lieux publics ont en effet pénalisé les fabricants de cigarettes, mais aussi les ventes d'alcool dans les bars. En France, le nombre de débits de tabac est ainsi passé de 33 000 en 2002 à 29 000 aujourd'hui, selon l'association des buralistes.

Au cours du premier semestre 2008, le marché du tabac a vu son volume diminuer de 4,4%, conséquence à la fois de l'interdiction de fumer dans les lieux publics et de la hausse de 6% du prix des cigarettes instaurée en août 2007. Le phénomène est le même aux Etats-Unis, où la baisse de la consommation pour l'année 2008 devrait se chiffrer à 3%.

Cette chute de la consommation, couplée à une recherche de coupe des coûts depuis son rachat d'Altadis, pousse le géant Imperial Tobacco à mener des plans de licenciements en France. A la suite de l'acquisition du Franco-espagnol, Imperial Tobacco a annoncé en juin dernier la suppression d'environ 2 440 emplois, dont 1 060 en France. Cela représente environ 6% de ses effectifs mondiaux. Le groupe a également prévu de fermer six usines en Europe, sur les 58 qu'il y possède.

Merrill Lynch prévoit pour 2009 un ralentissement global de l'activité alcool et tabac en Occident. Il s'attend à une baisse de 10% des gains réalisés dans cette zone par les entreprises du secteur.

Résultat, les cours de ces sociétés sont sévèrement touchés en Bourse. Pourtant, Merrill Lynch relativise et conseille même à l'achat deux titres du secteur : Diageo (spécialiste des alcools et spiritueux) et British American Tobacco (BAT). Les raisons : leur implantation dans des pays émergents. D'une manière générale, Merrill Lynch juge que les entreprises qui commercialisent des produits addictifs et possèdent des marques fortes devraient sortir de la crise moins abîmées que les autres.

Consommateurs émergents
Absence de lois anti-tabac aussi contraignantes que les nôtres dans les pays émergents et apparition d'une classe moyenne qui abandonne les marques locales pour des produits internationaux, autant de facteurs qui soutiennent les ventes des produits du secteur alcool-tabac dans les pays émergents.

Dans le magazine anglais Investors Chronicle, Bruce Davidson, analyste chez Blue Oar, détaille la part des pays émergents dans les activités des géants du secteur.

BAT : 52% de son résultat d'exploitation provient des marchés émergents. En tête, l'Afrique du Sud (14%), suivi du Brésil (9%), de la Russie (3%), du Mexique (3%) et du Venezuela (3%).

Imperial Tobacco : sa présence sur les marchés émergents est beaucoup plus importante depuis son rachat d'Altadis. La moitié des ventes en volume de ce dernier se font en effet en Russie, au Maroc, en Pologne et au Moyen-Orient.

SABMiller : le spécialiste de la bière réalise 88% de son résultat d'exploitation dans les pays émergents.

Philip Morris International : lors de l'annonce de ses résultats du troisième trimestre, il a révélé que la croissance en volume avait nettement progressé en Russie (13%) et en Indonésie (8%).

Rémy Cointreau : le groupe français de vins et de spiritueux vient d'annoncer pour le premier semestre un bénéfice net en hausse de 26,7%. Il s'en explique : "Ce premier semestre a été marqué par l'amélioration de la rentabilité du champagne, la bonne progression des cognacs très haut de gamme ainsi que la croissance soutenue de l'activité sur les marchés émergents, notamment en Chine et en Russie". Les plus fortes progressions pour le cognac ont d'ailleurs été enregistrées "en Chine et sur l'ensemble du sud-est asiatique, tant en volume qu'en valeur".

Un possible ralentissement de la croissance des pays émergents vient tout de même réveiller les craintes pour 2009. Dans les pays émergents, les consommateurs pourraient se retourner vers les marques locales, nettement moins chères que les produits internationaux. Pour avoir fumé des cigarettes chinoises, j'imagine cependant que la qualité des grandes marques internationales, comparée aux produits locaux, pourrait fidéliser nombre de nouveaux consommateurs.

L'Inde est courtisée. José Manuel Barroso déclarait la semaine dernière à Pékin que, pour trouver une réponse à la crise : "Nous avons besoin de l'Asie et plus particulièrement de pays comme la Chine, l'Inde ou le Japon."

Un rôle que le Premier ministre, Manmohan Singh, est prêt à donner à son pays, déjà dixième économie mondiale : "Les pays en développement comme l'Inde sont eux aussi touchés par la crise et doivent participer à son règlement." Effectivement, l'Inde subit certains effets de la crise : sa croissance ralentit. De 9%, elle pourrait descendre jusqu'à 6%.

Malgré ce ralentissement, l'Inde est en bonne position pour se sortir des turbulences avec les honneurs. Grand avantage sur nos économies occidentales : ses banques sont relativement épargnées, car elles sont restées éloignées des produits toxiques. Cette année, son agriculture se porte bien, grâce à une mousson plus que satisfaisante.

Et, tout simplement, le pays n'est que très faiblement endetté. Une rareté, par les temps qui courent. Certes, l'Inde vient d'emprunter 3,5 Mds€ au Japon. Ils sont cependant destinés à un beau projet : construire un nouveau chemin de fer entre New Delhi et Bombay. Cela améliorerait le transport des marchandises. Emprunter pour renforcer ses infrastructures, voilà qui peut même sembler sage.

L'Inde est dépendante de ses exportations et subira, dans un effet de domino, le marasme économique dans lequel s'enfoncent les économies occidentales, rétorqueront les détracteurs. En effet, et cela pourrait ralentir sa croissance. D'autant que la rentrée de capitaux a déjà été freinée. Depuis le début de l'année, les investisseurs étrangers ont vendu pour 9 Mds$ des actifs qu'ils possédaient en Inde.

Les Indiens : la véritable force du pays
Relativisons. D'une part, les investissements étrangers en Inde entre 2003 et 2007 se sont élevés à 42,5 Mds$, d'après la société de gestion Franklin Templeton. D'autre part, l'Inde s'en sortirait bien même sans les étrangers. D'après le directeur de Templeton en Inde, Sukumar Rajah, la croissance indienne se monterait à 7,5% même si les investissements étrangers devaient cesser.

L'économie du pays est de plus en plus portée par les Indiens eux-mêmes. Il est loin le temps où les Indiens étaient principalement des agriculteurs. Aujourd'hui, l'agriculture ne représente plus que 15% des activités, tandis que l'industrie tourne aux alentours de 26%. La part des services s'élargit. Le nombre d'étudiants qualifiés ne cesse de croître. D'après Sukumar Rajah, l'Inde pourrait bientôt compter le plus grand nombre d'ingénieurs au monde.

La nouvelle force de l'Inde est son marché intérieur. Les produits de consommation et les services se destinent de plus en plus à la population locale. McKinsey estime que la consommation intérieure va quadrupler d'ici 2025, pour représenter un total de 1 521 Mds$. Il faut s'attendre à ce que l'Inde devienne le cinquième plus grand marché de consommateurs au monde.

Non seulement l'Inde aura de moins en moins besoin d'exporter, mais imaginez les opportunités que cela représente pour les entreprises. Cela vous donne envie d'investir sur le marché indien ? Malheureusement, après tant de bonnes nouvelles, il faut modérer son enthousiasme.

Il est encore un peu tôt pour investir sur le marché actions. De janvier à septembre 2008, la Bourse indienne a perdu environ 37 % et rien n'indique que la chute soit terminée. À cause du contexte mondial, la Bourse reste très volatile.

En revanche, certaines compagnies devraient à l'avenir connaître un véritable essor. Nous pensons en priorité aux entreprises qui fabriquent des biens de consommation courante, mais aussi à celles liées aux activités de construction. Les infrastructures représentent aujourd'hui 4,5% du PIB indien. Pour être en phase avec la croissance du pays, ce taux devrait être de 8 ou 9%. Investir en Inde n'est qu'une histoire de patience.

Première parution : 30/10/08

Nous sommes dans une situation vraiment extrême, qui a une probabilité inférieure à 2,5% de survenir.

L'Université de Yale a étudié l'indice américain Standard & Poors depuis 1825. 183 ans de performance, c'est ce qu'on appelle du long terme. Sur cette durée, 129 années ont été positives et seulement 54 négatives. En somme, vous avez 70% de chance de ne pas perdre d'argent placé sur le S&P500 sur une année. Reste les 30% de probabilité résiduelle.

2008 est une année record dans l'exécrable : le S&P 500 accuse une perte de -41,28%. Seule année "équivalente" : 1931.

Pour ceux qui ont l'optimisme chevillé au corps, cinq années affichaient des rendements de 50 à 60% : 1862, 1879, 1885, 1933, 1954. 55 ans après, il vous est permis d'espérer une année 2009 extraordinairement faste, mais nous n'y croyons pas vraiment.

Le génie de Gauss
La "loi normale de distribution" s'applique à la Bourse. Cette loi statistique, établie par Gauss, permet de "prédire" une caractéristique appartenant à une population. C'est ce qu'on appelle une densité de probabilité. Dans notre cas, la population est constituée par les années boursières du S&P 500, la caractéristique étant la performance de cet indice. La caractéristique moyenne du S&P 500, et donc la plus probable, est une performance de l'ordre de 10%. Il existe une probabilité inférieure à 2,5% d'avoir une performance aussi misérable que celle que nous avons en 2008.

Oui, nous vivons une époque extraordinaire, improbable...

L'Europe n'a pas besoin de fonds souverain
Je saute du coq à l'âne. La sagesse de l'Inde est réputée. Mon oeil a donc été accroché par un article de Kavaljit Singh (voxEU.org) qui critiquait l'idée de Nicolas Sarkozy concernant "notre" fonds souverain. L'article est intitulé "L'Europe n'a pas besoin de fonds souverain".

"Avec environ 3 000 milliards de dollars, les fonds étrangers souverains sont de larges réservoirs d'actifs possédés et gérés directement ou indirectement par des gouvernements", rappelle Kavaljit Singh.

Pauvre petit Sarkofonds
Mmmmmm, oui, 3 000 milliards de dollars. A comparer aux 20 milliards d'euros du Sarkofonds.

"Ils peuvent être financés par des réserves monétaires, des exportation de matières premières, des privatisations et des excédents fiscaux. Les fonds souverains manipulent les devises étrangères indépendamment des réserves monétaires officielles. D'une façon générale, les fonds souverains sont créés pour diversifier et améliorer le rendement des réserves monétaires étrangères ou du produit de la vente des matières premières ; en outre ils protègent l'économie domestique des fluctuations des prix des matières premières", poursuit Kavaljit Singh.

Aïe : la description du Sarkofonds ne colle pas du tout avec celle de Kavaljit Singh. Où sont nos exportations de matières premières, nos excédents commerciaux et fiscaux ? Et surtout, la mission du Sarkofonds est très différente de la mission d'un fonds souverain. Il s'agit en fait d'un fonds de renflouage protectionniste et non pas d'un fonds de valorisation d'un trésor national déjà acquis.

Kavaljit Singh déclare que l'Europe n'a pas besoin de fonds souverain car "créer un fonds souverain afin de protéger des entreprises nationales n'est rien qu'un mouvement politique anti- commercial".

Mauvaise idée
Kavaljit Singh est modéré, mais c'est un sage. Je me demande si le Sarkofonds est une bonne idée. Le protectionnisme avec peu de moyens est toujours un échec. Souvenons-nous : au bon vieux temps du protectionnisme communiste, d'un côté d'une frontière VEB Sachsenring Automobilwerke Zwickau produisait des Trabant, de l'autre, Mercedes construisait des... Mercedes.

Et en Allemagne, la blague de l'époque c'était : "pourquoi faut-il toujours prendre l'option dégivrage vitre arrière de la Trabant ? Pour ne pas se geler les mains en la poussant". Si la Trabant avait affronté la concurrence, elle aurait au moins pu rivaliser avec la Fiat 500.

A la longue, le protectionnisme n'a jamais payé.


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